Nancy : violents au lit malgré eux

Ils sont violents au cours de leur sommeil

Un autre malade, atteint de la même pathologie, confie s’être à plusieurs reprises enfui de son lit parce qu’il rêvait que son armoire allait lui tomber sur la tête. A son réveil, il se trouvait dans une autre pièce de son domicile, ou dans l’escalier. « Une fois, quand je me suis réveillé, c’est moi qui était dans ma chambre en train de faire basculer une armoire, j’ai dû faire un gros effort pour la redresser ».

Ces hommes violents malgré eux, quand ils dorment, souffrent d’un syndrome très rare et méconnu, les « troubles moteurs du comportement en sommeil paradoxal », présenté hier à la Semaine médicale de Lorraine par le professeur Hervé Vespignani, de Nancy. Un exposé émaillé de témoignages impressionnants de malades aux comportements nocturnes violents, parfois en rapport avec le contenu de leur rêve.

Facile à différencier du somnambulisme, qui concerne essentiellement des enfants et adolescents, ces troubles du comportement touchent en majorité des adultes, les hommes beaucoup plus que les femmes. Les crises sont peu fréquentes, de l’ordre de quelques-unes par an, semblent avoir un lien avec le stress. Elles surviennent durant la phase de sommeil paradoxal, celle des rêves. Pour une raison encore inexpliquée, alors que cette phase est normalement caractérisée par une atonie musculaire du dormeur, c’est-à-dire l’absence de tonus de ses muscles, les patients touchés par ce syndrome retrouvent le tonus.

Une fois diagnostiquée, cette maladie qui, spontanément, prête à sourire mais peut en réalité avoir des conséquences dramatiques sur la vie quotidienne du patient, est heureusement susceptible d’être « contrôlée ». Un médicament donne de bons résultats.

La suppression des antidépresseurs est également prescrite dans certains cas. La prise en charge passe, aussi, par la sécurisation de l’environnement immédiat du lit, afin d’éviter au malade de se blesser. Des recherches relativement récentes ont enfin montré que ce syndrome, dont on ne connaît pas encore le processus chimique, était lié à un dysfonctionnement de la même zone du cerveau que celle affectée dans le cas de la maladie de Parkinson, dont elle pourrait être un signe annonciateur.

Benoît GAUDIBERT 
EST REPUBLICAIN