RTBF : "Didier Van Cauwelaert crée une école pour chiens détecteurs d'épilepsie"

 

Dans la foulée du "Retour de Jules" Didier Van Cauwelaert crée une école pour chiens détecteurs d'épilepsie

 

Rencontre avec Didier Van Cauwelaert et Jules. Jules dans le roman précédent était le compagnon d'une jeune malvoyante, qui suite à une opération de la cornée, va recouvrir la vue. Jules dès lors perd sa fonction de chien d'accompagnement et déprime. Aujourd'hui on retrouve Jules dans le rôle d'un chien qui est capable de déceler l'arrivée d'une crise d'épilepsie, et ça existe :

"Il y a 10 à 15 % des chiens qui de manière innée, perçoivent une crise d'épilepsie avant que les premiers symptômes de soient visibles. Et on a découvert aux Etats Unis, au canada et en Belgique, parce que la Belgique est très en avance sur la France, que ce qui se passe dans le cerveau d'un épileptique, ce sont des signaux électromagnétiques, qui précèdent la survenue de la crise et que le chien capte. Et le grand  mystère, c'est comment le chien fait-il pour associer cette perception à un danger. C'est-à-dire qu'aussitôt il se met à aboyer de manière très particulière en direction de la personne et l'oblige à s'asseoir et à se coucher. Ce qui évite au maître de faire une chute qui peut être mortelle. C''est un mystère parce qu'on ne peut émettre que des hypothèses sur ce que déduit le chien de ce qu'il capte. Et donc mon chien d'aveugle, en chômage technique qui arrive à la fin du roman précédent à prévenir une crise d'épilepsie, retrouvait sa raison de vivre et son utilité.

Et là du coup Jules intègre une école de formation complémentaire pour ces chiens détecteurs de crise d'épilepsie, et j'ai inventé cette école que je nomme Escape : "Ecole supérieure pour chiens d'alerte et de protection pour épileptiques". Mais dans la réalité je suis en train de la créer avec le professeur Vespignani, spécialiste français des chiens détecteurs de crises et Directeur de l'unité de neurologie à l'hôpital de Nancy.

Y a-t-il un profil de chien ?

Absolument aucun. Les chiens d'aveugles sont souvent des Labradors ou des Golden, ou aux états unis des bergers Australiens, parce que ce sont les plus empathiques, avec le lien social le plus fort. Un chien d'aveugle dans la rue, s'il y a un échafaudage il sait qu'il passe, mais il doit calculer la dimension de la personne. Il est constamment 1 + 1. 

Par ailleurs et grâce à Alice, l'ancienne maitresse de Jules, vous évoquez les facultés très particulières qu'ont les éléphants ?

Oui c'est l'animal qui réussit le mieux le test du miroir. Il sait que c'est lui. Et j'ai intégré l'éléphant dans le roman, parce qu'on a réussi à lui apprendre à peindre. Avec un pinceau au bout de la trompe, on lui apprend à réaliser un bouquet de fleurs mais aussi un autoportrait. Et l'éléphant reproduit son image. Alice quand elle était aveugle, était peintre et reconnaissait les couleurs à travers le degré de chaleur que la couleur émet. Et là elle devient professeur de peinture pour les éléphants, et c'est un moyen en même temps de sensibiliser les gens à la disparition programmée de l'animal si on n'arrête pas le braconnage. Et la vente des autoportraits chez Sotheby's ou Christie's rapporte des sommes très importantes au profit de la cause des éléphants. Cela permet aussi de faire comprendre leur affectivité, leur intelligence et tout ce qu'il y a autour de l'ivoire, à l'intérieur de leur cerveau.

"Le retour de Jules", chez Albin Michel

Article de presse de la RTBF du 05/07/2017